Deux toiles retrouvées

Le 10 décembre dernier, le musée de Cambrai a récupéré deux toiles du peintre solesmois Henry-Eugène Delacroix (1845-1930), disparues depuis 73 ans : « Le supplice réservé aux dissipateurs »(1875) et « Prométhée consolé par les Océanides » (1877). Retrouvées par l’équipe de conservation de La Porte du Hainaut à l’occasion du récolement décennal, les deux œuvres vont dans un premier temps être restaurées avant d’être montrées sous leur plus beau jour au public. Retour sur une enquête hors du commun !

La Seconde Guerre mondiale est finie depuis deux ans. Afin de relancer le musée d’Anzin, le conservateur du musée de Cambrai y met en dépôt dix-neuf tableaux de sa collection. Lorsque le propriétaire demande à récupérer les dix-neuf tableaux, ces deux toiles ont disparu. Aucune trace sur l’exposition de ces tableaux également… Des toiles pourtant imposantes (350 x 277 cm et 420 x 320 cm). On suppose aujourd’hui qu’elles ont surement été décadrées, roulées pour le transport et sont restées dans cet état toutes ces années.

En 2015 pour une meilleure conservation des œuvres, les collections anzinoises sont transportées dans les réserves du musée de Saint-Amand-les-Eaux, sous la responsabilité de La Porte du Hainaut, avec l’accord et l’aide de la DRAC pour une meilleure conservation. La même année, lors du récolement décennal, rendu obligatoire depuis que les musées de notre territoire ont reçu l’appellation « Musée de France », l’équipe de conservation de La Porte du Hainaut redécouvre ces deux œuvres et les préserve en les plaçant dans de meilleures conditions de conservation. Après plus de 70 ans passés dans des conditions précaires et d’humidité, ces toiles restent relativement en bon état malgré les vernis noircis et les images difficilement lisibles. Grâce aux catalogues des "œuvres disparues" de l’association des Conservateurs des musées des Hauts-de-France et le travail d’enquête menée par La Porte du Hainaut, les tableaux et leur propriétaire sont identifiés : il s’agit des deux toiles disparues. Aujourd’hui reparties dans leur musée d’origine, à Cambrai, les œuvres vont être restaurées avant d’être de nouveau exposées au public.

Les œuvres retrouvées sont « Le supplice réservé aux dissipateurs » 1875, inspiré d’un passage de l’Enfer de la Divine Comédie de Dante Alighieri et « Prométhée consolé par les Océanides » réalisé en 1877.

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